Catherine Bouroche
Sculpteur

Le choix de la terre cuite et surtout des résines, époxy, polyester, a orienté Catherine Bouroche vers des formes organiques concrètes. Sa réalité s’est heurtée aux formes abstraites vite apprivoisées dans des compositions insolites dont la poésie lui a fait entrevoir un monde en croissance : des formes en expansion débordants de cadres trop contraignants. De ces lointaines réminiscences de portiques, de cages, se sont échappés des nuages. Leur relation à l’espace est implicite, tout comme l’est celle avec l’architecture. L’opacité et la transparence de la résine ont réactivé l’idée de la métamorphose et la quête « de la matière aérienne », dans laquelle Gaston Bachelard voyait l’œuvre du « modeleur de nuages ». Des nuages au comportement anthropomorphique ou zoomorphique. Qui retient qui ? Du nuage qui aspire à la liberté ou de la cage qui tente de retenir l’insaisissable ? La cohabitation de la terre et de la résine renforce ce caractère duel, entre l’apesanteur et la masse, l’angle droit et la sinuosité des courbes, le mat et le brillant, le lisse et le rugueux.

Un poème ludique sur le temps qui passe.


Lydia Harambourg
Critique d'art
2009