Catherine Bouroche
Sculpteur

L'atelier de Catherine Bouroche est situé dans une de ces vieilles impasses à gros pavés, bordées d'ateliers. Ils ont encore l'apparence des vieux ateliers d'artisans d'autrefois mais ce sont des artistes qui les occupent maintenant. Et ils y tiennent à ce lieu, périodiquement menacé par les promoteurs. Au fond de l'impasse, un menuisier, une tonnelle, des bancs et une grande table en bois. Les artistes viennent là casser la croûte ou boire un verre. A cinq minutes, les Buttes-Chaumont.

Enfant, Catherine Bouroche disait " je veux faire peintre ". Ses parents l'envoient dans une école d'arts plastiques, elle découvre la sculpture, c'est une grande révélation. Sa vie sera désormais consacrée à cet art.

Elle travaille la terre et utilise pour les grands formats la résine travaillée par moulage.

Catherine Bouroche explique très bien le choix du matériau avec lequel elle travaille. " J'utilise, dit-elle, la résine pour réaliser mes sculptures, car j'aime la très grande liberté que donne ce matériau. En effet, un bloc de pierre ou une pièce de bois ont déjà leur propre présence. On ne peut pas dire que ce soit le cas d'un bidon de résine. Ce matériau se plie à toutes les formes, à toutes les interprétations. Il peut prendre toutes les couleurs et ce sont ces multiples possibilités qui font pour moi la valeur de la résine. De plus la résine est un matériau complètement contemporain. Il n'a ni tradition, ni passé millénaire, et, pour moi, cet aspect " matériau nouveau " est également très stimulant.

A la sortie du moule, certaines parties de l'œuvre deviennent brillantes sous la laque, d'autres, poncées, deviennent mates. Ces contrastes vont avec l'esprit qui anime ces sculptures : un monde rigide, structuré, côtoie un monde organique de rêve et de fantaisie.

Depuis peu, Catherine Bouroche a créé un espace autour de ses sculptures. Certaines sont placées sous un " portique " en plexi, d'autres intitulées Nuages captifs ou Mécamorphoses sont saisies entre deux écrous. Il y a toujours conflit entre la courbe et l'angle, entre la forme qui contraint et les masses ludiques tout en rondeurs. Avant de se mettre à une sculpture, Catherine Bouroche fait des dessins, note des idées, puis fait des " croquis " en argile. De temps à autres, elle revient à la terre. De récentes sculptures s'intitulent Territoires.

Quand on se met, comme elle, en état de " laisser venir ", tant de choses conscientes et inconscientes surgissent dans le travail que chacun de nous peut y projeter librement ses propres fantasmes.

Catherine Valabrègue
Sociologue
1998